Bienvenido a Santander, Señor inspector
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Un petit garçon
regardait un pendule tournoyer, il était assis en face de quelqu’un.
Monsieur Szac, un homme grand et blond au visage sérieux, entrait dans
son bureau quand une jeune femme se jeta sur lui en criant et en sanglotant :
« On m’a pris mon petit garçon ! Où est mon Andresnat ? »
Elle
était brune, son maquillage coulait à cause de ses larmes, son regard
exprimait la peur et la tristesse. L’inspecteur la calma, lui donna un verre
d’eau et lui tendit un siège. Il prit la parole très calmement :
« Madame,
expliquez-moi votre problème.
-Je
travaille de nuit à l’hôpital. Ce matin quand je suis rentrée chez moi,
mon petit garçon n’était pas dans son lit et l’appartement était vide.
J’ai regardé autour de moi, et j’ai trouvé une enveloppe. »
Elle
tendit l’enveloppe à l’inspecteur.
«¡
Bienvenido ! lut-il après avoir ouvert l’enveloppe.
-Au
fait, je ne me suis pas présentée, je m’appelle Maria Mendez.
-Vous
êtes espagnole ?dit-il en reconnaissant la sonorité du nom Mendez.
-Oui,
dit-elle en souriant.
-Et
votre mari, est-il au courant de la disparition de votre fils ?reprit-il
en revenant au problème.
-Il
a disparu un an après notre séparation, c'est-à-dire voilà un an, dit-elle
tristement.
-Madame
Mendez, je crois avoir trouvé une piste »dit l’inspecteur soudain
enthousiaste.
Pendant
environ deux semaines l’inspecteur chercha la cause de l’enlèvement de
l’enfant, à un moment il crut qu’un pédophile l’avait enlevé puisque
dans l’école du petit, deux ou trois cas de ce genre avaient été rencontrés.
Mais il se demandait toujours ce que signifiait l’enveloppe. Il était désespéré,
c’était dans ces moments là que ses premières rides apparaissaient.
Un
jour son collègue lui dit :
« Vas
à Santander, Szac, en plus nous sommes jumelés avec un commissariat là-bas.
J’ai travaillé sur la signification d’Andresnat, mes résultats parlaient
vaguement d’un groupe de magnétiseurs espagnols, se nommant « bienvenido »,
à Santander. Et puis, quand on mélange les lettres du prénom Andresnat, on
trouve Santander.
En
effet, l’inspecteur se rappela d’un appel téléphonique de Madame Mendez
lui disant que la famille de son ex-mari voulait faire l’éducation d’Andresnat
à Santander. Mais Maria avait refusé, elle n’avait plus jamais eu de
nouvelles de sa belle-famille. Monsieur Szac ne croyait pas beaucoup au groupe
de magnétiseurs en revanche l’autre piste était intéressante.
Il
décida de partir à Santander. Arrivé là-bas, il fit un tour de la ville et
alla s’asseoir sur un banc devant le café Pombo qui se trouvait
d’ailleurs plaza Pombo. Il observait la grande place entourée de très gros
arbres et de bancs bleus, il était lui-même assis sur l’un d’eux. Il
aperçut, à sa gauche, un grand immeuble de couleurs rouge, celui-ci, lui
plaisait bien. L’ambiance de la fin d’après-midi lui était agréable,
des enfants s’amusaient sur le manège de la place, il sentait le vent dans
ses cheveux blonds et des feuilles volaient dans le ciel comme si la terre ne
leur était plus agréable. Tandis qu’il était plongé dans ses pensées,
son regard s’arrêta brusquement. Devant la churreria J-L. Rivero, se tenait
un homme dont le manteau portait le sigle « bienvenido ».
L’homme
se dirigea vers la calle general Mola, l’inspecteur s’empressa de le
suivre, il distingua des échafaudages verts,
à sa droite, et la banque de couleur beige avec des petits balcons en fer
forgé. Il avançait tout en regardant autour de lui pour ne perdre aucun détail
de cette ville si merveilleuse, et tout en surveillant de près l’inconnu
qui heureusement avançait lentement. Il admirait les immeubles si beaux, il
était sous le charme, mais quelques uns
qui paraissaient un peu salis par le temps avec des fenêtres abîmées
lui rappelait qu’il avait une enquête à résoudre.
L’inconnu
dépassa la perfumeria, et entra dans le mercado del este. Szac le
suivit, dans cet endroit couvert régnait une atmosphère chaleureuse.
L’homme se dirigea vers l’inspecteur, il avait un regard possédé, il
s’arrêta devant lui, et lui dit :
« Je
suis là, il est là, il peut reprendre sa place, quand vous sortirez de cet
endroit, dirigez-vous vers l’immeuble bleu vous trouverez une porte, et
quelqu’un d’intéressant ».L’homme partit laissant l’inspecteur
qui n’avait pas compris un mot de cet étrange personnage.
Il
sortit, et vit l’immeuble en question, des drapeaux volaient au vent sur le
haut de la porte de l’hôtel bleu. Szac se demanda s’il devait suivre le
conseil de l’homme. Il sentit la bonne odeur des châtaignes grillées, il
se laissa guider par cette odeur, et atterrit plaza Porticada, il admirait la
place entourée d’appartements. Il était en pleine réflexion, il prit la décision
d’aller voir de plus près cette petite porte.
Là,
il s’arrêta subitement. La porte s’ouvrit, dans l’entrebâillement, il
aperçut une vieille femme accompagnée d’un petit garçon. L’inspecteur
reconnut dans les yeux de l’enfant le même regard triste et inquiet que sa
mère et un regard possédé comme son père. L’inconnu était le père du
petit garçon et celui-ci le fils de Madame Mendez. La vieille femme devait être
la belle-mère de Maria. C’était elle qui voulait éduquer son petit fils.
La
vieille femme sourit et dit d’un ton diabolique :
«¡Bienvenido a Santander, Señor inspector! »