BIENVENIDO EN SANTANDER

SEÑOR INSPECTOR

Julia A.

 Le cadavre de la femme retrouvée dans un abri des Pyrénées devait avoir la vingtaine. On avait découvert deux indices : un livre nazi interdit à la vente et la photo d’un homme inconnu. La jeune femme se nommait Elisabeth Perrin, elle travaillait comme journaliste à Montpellier. Lucien Petitbon, inspecteur de son état, était chargé de l’affaire.

            L’inspecteur commença par interroger une amie qu’Elisabeth fréquentait souvent, sans résultat concluant. Il questionna ensuite un cousin de passage dans la région. Celui-ci déclara qu’il ne connaissait que peu sa cousine  et n’était au courant de rien. Lucien Petitbon se souvint alors que la journaliste avait un jour écrit un article accusant M. Raineau, un homme d’affaires important, de corruption. Cela faisait un ennemi probable. Il se renseigna mais ce fut une fausse piste : l’homme était décédé depuis un an. L’inspecteur  décida alors d’opérer une fouille chez Melle Perrin dans l’espoir de trouver de nouveaux indices. On y découvrit plusieurs peintures, films, et livres nazis normalement censurés. Lucien regarda dans l’agenda de la journaliste et vit des rendez-vous à répétition avec un certain L.D.G. Qui était ce L.D.G ? On appela l’inspecteur pour lui signaler l’identification de l’homme sur la photo : Luis del Gasto, un journaliste espagnol vivant à Santander. C’était donc lui !

               Lucien Petitbon se rendit à Santander afin d’interroger ce fameux L.D.G. Celui-ci avoua s’être associé avec Elisabeth Perrin pour espionner  une organisation nazie secrète, Melle Perrin y avait adhéré pour mieux dépister cette organisation. Luis del Gasto reconnut tous les rendez-vous de l’agenda, excepté le dernier, un rendez-vous dans un abri de montagne, le lieu où la victime fut retrouvée… Lucien se douta que le journaliste se protégeait pour ne pas être accusé du meurtre de sa collègue française car le rendez-vous était pourtant au nom de « L.D.G ».  Soudain une feuille qui était cachée sous la couverture de l’agenda tomba à terre. L’inspecteur la ramassa et comprit que c’était une liste, la liste des adhérents à l’organisation nazie ! Le premier nom de la liste était…le cousin d’Elisabeth Perrin, Vincent Cyret de son nom. Il avait donc donné un faux rendez-vous un faux rendez-vous à la jeune femme au nom de Luis del Gasto, afin de l’éliminer car elle représentait un danger, elle risquait de dévoiler l’existence de la société secrète. L’inspecteur Petitbon se rendit alors à Santander pour arrêter le cousin qui était retourné chez lui.

                   

 

                  Lucien venait à peine de se présenter à Vincent Cyret, le cousin de la victime, que celui-ci partit en courant. L’inspecteur se lança alors à sa poursuite.

                     Vincent Cyret habitait une petite rue appelée calle San José. Courut après le fugitif, jusqu’à la plaza Pombo. Arrivé sur place, il aperçut Vincent entrer au café Pombo, il décida d’y entrer à son tour mais fut refusé catégoriquement à l’entrée. Il avança alors dans la calle Gomez Oreña, s’assit à la terrasse de la Meso’n Rampalay et réfléchit.

                       Non loin de là, une petite churreria, la churreria J.L.Rivero, était installée. L’odeur du chocolat venait taquiner ses narines ainsi que ses papilles gustatives. Le délicieux parfum des churros que l’on tendait encore chauds, l’envahissait. Il pouvait presque les sentir croustiller sous la dent. Mais le bruit désagréable du chantier de l’église Santa Lucia venait briser cette atmosphère chaleureuse. Cette église apparaissait comme le bâtiment le plus imposant de la rue Gomez Oreña, elle se dressait haut et semblait vouloir  percer le ciel bleu et nuageux au dessus d’elle. Seule une petite statue d’ange avait l’air d’implorer le pardon au ciel pour cette église si effrontée de vouloir le déchirer.

                           L’inspecteur détourna son regard de l’église pour le poser sur un bâtiment à sa droite. Ce bâtiment était d’un jaune poussin et possédait des balcons fermés typiques de Cantabrie qui lui donnaient un certain charme. Il apportait une touche de vie et de lumière à la rue où les arbres n’avaient plus de feuilles et les couleurs restaient ternes malgré tout.

                           Lucien appréciait beaucoup l’ambiance de cette rue, il s’y sentait tranquille, apaisé. Il se laissait peu à peu bercer par la douceur de l’air et la tendresse des parfums…

                            Soudain, il vit le fugitif traverser la rue en regardant de tous côtés, Lucien se leva alors et le suivit discrètement jusqu’à la plaza Añadio, puis, arrivé à sa hauteur, l’attrapa sèchement par le bras. « C’est trop tard, Cyret. » lui dit-il. Il ajouta ensuite : « Comment un bandit comme toi peut habiter une ville aussi splendide ? »  Vincent rétorqua simplement : « Bienvenido a Santander señor Inspector. »