« Bienvenido en Santander, señor inspector »

Jean   

 

Ce matin-là, l’inspecteur Faidel eut à peine le temps de se poser dans son bureau que le téléphone sonna. Il décrocha et une voix masculine effrayée fit part à l’inspecteur d’un meurtre qui s’était passé au château de La Houssaye, visant le marquis de Folleville. Le jeune inspecteur voulut demander à qui il avait affaire et la personne lui répondit que c’était son domestique.

         Un peu bousculé, l’inspecteur se mit aussitôt au travail et fit des recherches sur le marquis. Sa famille vivait depuis cinq générations  dans ce château. Il avait un domestique et un jardinier à son service. Sa femme, la marquise était décédée trois ans avant lui subitement, une crise cardiaque selon quelques proches. Déjà, l’inspecteur trouva cela flou ; le marquis et la marquise seraient-ils morts de la même façon ? Qui aurait pu faire ce coup ? Le jardinier ?

         L’inspecteur ne tarda pas et voulut aller au château pour voir l’affaire de plus près. Arrivé sur les lieux du crime, il interrogea tout d’abord le jardinier, sa principale cible, mais en vain ; en effet l’homme était parti en week-end, en accord avec le marquis. L’inspecteur s’interrogea et vit qu’il n’y avait que le domestique qui aurait pu faire le coup sans quoi l’affaire serait insensée. Il vint vers lui et lui posa les mêmes questions qu’au jardinier, encore une fois en vain. Cependant il trouva l’attitude du domestique un peu louche, parlant d’un ton hésitant, ne pouvant tenir sur place …

         L’inspecteur revint au commissariat pour faire de plus amples recherches sur ses deux cibles. Il demanda à sa secrétaire de regarder les  casiers judiciaires des deux hommes.

         Le domestique s’appelait Manuel Nieto, d’origine espagnole et venu très tôt en France. Pour le jardinier, il ne trouva rien mis à part son nom. La secrétaire informa son supérieur que le jardinier avait commis un vol à quinze ans mais que le domestique était en règles. « De plus en plus louche », se dit l’inspecteur.

         Le lendemain, il revint au château, cherchant le domestique, mais le jardinier lui dit qu’il avait pris congé. L’inspecteur entra dans le salon et soudain le répondeur s’enclencha : « Je t’attends, Manuel, à Santander, en Espagne ».

         La solution vint tout de suite à l’inspecteur : le domestique qui l’appelle le matin pour rendre compte du meurtre de sorte que l’on ne s’intéresse pas à lui et qui file en Espagne pour

 se cacher …

 

(Course poursuite dans Santander)

 

         L’inspecteur partir donc vers Santander, où l’attendait un inspecteur espagnol, José Antonio.

         Arrivé sur place, à l’aéroport de Parayas, il se rendit vers le centre de la ville, sur une place, la « plaza Pombo ». Sur cette place, il distingua un beau kiosque du début du XX° siècle. Il admira ensuite les quelques maisons qui entouraient le lieu ; de belles maisons en hauteur faites de pierre blanche et embellies par le temps.

 Soudain,  il aperçut un homme qui lui faisait signe, c’était José Antonio qui l’attendait devant un café, le « café Pombo ». Avec ses tables bien alignées au dehors, c’était un café très bien arrangé qui émut l’inspecteur. La façade était très bien entretenue, et reflétait presque la lumière du jour ; ses balcons étaient fleuris de mille teintes qui ne pouvaient laisser indifférent l’inspecteur. José Antonio l’invita à manger des tapas dans le bar, ou bien boire tout simplement un café. L’inspecteur, ne connaissant pas les tapas voulut y goûter et se fut avec joie qu’il accepta. La bonne odeur du café tout juste servit avec le croissant qui va avec, vint faire frétiller les papilles gustatives de l’inspecteur. Après avoir bien mangé, il demanda à lire le journal avec le peu d’espagnol qu’il connaissait. En parcourant les pages, il tomba sur un article qui parlait d’un jeune homme arrivé en Espagne depuis peu et qui avait rejoint un dangereux criminel, maintenant arrêté. Le nom n’était pas mentionné. Faidel comprit que c’était son domestique, Nieto.

Il s’excusa auprès de son collègue et partit aussitôt vers l’Ayuntamiento, autrement dit, la mairie, très bel édifice peint en blanc, où flottaient quatre drapeaux que Faidel découvrit à son arrivée. Il demanda aux policiers où Nieto était aux dernières nouvelles. Ils lui répondirent : « Parque de la Magdalena ». l’inspecteur s’y rendit. Les pelouses bien entretenues, les arbres bien alignés plurent à Faidel. L’air frais de la mer qui était juste à côté vinrent lui rafraîchir le visage.

L’inspecteur continua à se promener quand soudain, au détour d’un chemin il aperçut… Nieto, en chair et en os. Mais Nieto avait déjà aperçu l’inspecteur et il s’enfuyait vers le grand Paseo de Pereda. L’inspecteur le suivit. Nieto tourna et Faidel fit de même. Là, au tournant, il vit le domestique à terre, qui avait bousculé une dame. L’inspecteur Faidel eut juste le temps de l’arrêter et de lui passer les menottes. Il l’emmena ensuite au commissariat, heureux d’en avoir terminé. Tout rentra en ordre.

Avant qu’il ne parte du commissariat, l’inspecteur espagnol José Antonio tenait à le remercier. Il lui dit juste avec un grand sourire :

         « Bienvenido a Santander, señor Inspector »