"Bienvenido a Santander senor inspector"
 

Camille B. 

 
    Le jeudi dix septembre 2004 à quatorze heures trente, dans un immeuble de Paris, au troisième étage, madame Rissac, femme de ménage entra dans l'appartement treize. Normalement, à chaque fois qu'elle venait faire le ménage, elle croisait madame Bidane, la propriétaire de l'appartement, qui retournait travailler et qui lui disait bonjour en la croisant.Ce jour là, étrangement elle ne la vit pas. 
    C'est un quart d'heure plus tard qu'un hurlement venant de l'appartement treize du troisième étage de ce même immeuble retentit. Madame Rissac se précipita sur le téléphone pour appeler la police. Celle-ci arriva dix minutes plus tard pour constater à quinze heures le meurtre de Christine Bidane, quarante-deux ans, étranglée par le foulard qu'elle portait autour du cou puis cachée dans un sac poubelle sous le canapé. C'est monsieur Rotadu, inspecteur de la police criminelle qui  fut chargé de l'enquête. 
    Albert Rotadu, un homme d'une cinquantaine d'années avait de l'expérience et connaissait ce genre de situation. La police criminelle commença donc par relever toutes traces d'empreintes et d'odeurs. Malheureusement, les quelques traces qu'elle trouva appartenaient à monsieur et madame Bidane ainsi, bien sûr, qu'à madame Rissac, première suspecte jugée innocente après un bref interrogatoire et ce dont en témoignait la vidéo surveillance sur les entrées et sorties des personnes dans l'immeuble. Outre les habitants de l'immeuble, monsieur Bidane transportant une valise, ainsi qu'une femme grande et brune, que personne dans l'immeuble ne connaissait, apparurent sur la vidéo dans les environs de treize heures trente à quatorze heures, ce qui correspondait à l'estimation de l'heure du décès de madame Bidane. L'inspecteur Rotadu trouva un agenda dans l'appartement de la victime et de son mari. Dessus figurait un voyage d'affaires de monsieur Bidane à Santander, ceci expliquant la valise qu'il transportait avec lui sur la vidéo. Monsieur Rotadu se rendit donc à Santander.
    Là-bas, il se promena dans les rues afin de découvrir un peu cet endroit de l'Espagne qu'il ne connaissait pas, puis il s'installa à la terrasse d'une café. C'est là qu'il aperçut, sortant d'une boutique, monsieur Bidane, accompagné d'une femme. Cette grande femme brune était, selon l'inspecteur, l'inconnue qu'il avait aperçu sur la vidéo de l'immeuble. L'inspecteur s'aperçut peu après que c'était la maîtresse de monsieur Bidane.Il se mit alors à les suivre. 
    Les deux suspects, suivis de monsieur Rotadu, marchaient dans une avenue, ou plutôt un boulevard, selon l'inspecteur, qui se nommait Paseo de Pereda. Monsieur Rotadu profita d'être à cet endroit pour admirer, puisqu'on pouvait la voir de ce lieu, la baie de Santander qui s'étendait en face avec, au loin mais que l'on pouvait distinguer grâce au beau temps, la montagne Pena Cabargua. Ce bref moment d'inattention pour contempler ce magnifique paysage entraîna pour l'inspecteur la perte de vue des deux individus. Il se mit alors à marcher d'un pas plus rapide en passant devant les immeubles aux chics appartements de la ville. Et là, monsieur Rotadu, ne pouvant s'en empêcher, marqua une nouvelle fois un pause, pour regarder les balcons fermés,qui se trouvaient d'ailleurs à tous les appartements et à tous les immeubles de cette ville. Ceci l'intriguait et l'émerveillait à la fois: en effet, il n'avait jamais vu pareille chose et trouvait cette architecture plutôt amusante. Il se disait que la vue, de ces balcons entourés de vitres, devait être très belle à cet endroit de la ville.
    L'inspecteur détourna le regard des immeubles et aperçut, quelques mètres plus loin, monsieur Bidane et sa maîtresse en train d'acheter le journal à un de ces kiosques que monsieur Rotadu voyait partout. Il se remit donc à suivre les deux individus qui s'engouffraient alors sous l'arc voûté de l'immense banque de Santander qui se trouvait dans la rue Marcelino Sautuola. L'inspecteur se sentait si petit devant cet énorme bâtiment si impressionnant. Il montrait une belle architecture, et de très belles statues ornaient sa façade. Monsieur Rotadu ressentit là toute la richesse qui ressortait de ce monument qu'il trouvait très artistique. Il s'engoufrit donc à son tour sous l'arc.
    Les trois personnages prirent ensuite la première à gauche. Les deux suspects entrèrent dans "Le Marché De l'Est". L'inspecteur, après être entré à son tour, trouvait cet endroit très chaleureux. Il y dégageait de la vie et de la joie par l'ambiance qui s'y trouvait. Monsieur Bidane et sa maîtresse s'installèrent à une table du café "La  Casa Del Indiano" et prirent leur commande. L'inspecteur fit de même quelques tables plus loin. Leurs cafés bus, les deux suspects se levèrent et partirent de ce lieu. Monsieur Rotadu les suivit jusqu'à la place Bombo, quelques rues plus loin, où monsieur Bidane et sa maîtresse se quittèrent.
    Après que les deux individus eurent pris deux directions différentes, l'Inspecteur courut après monsieur Bidane et l'interpella. Il lui annonça la mort de sa femme, ce qui surpris celui-ci. Monsieur Rotadu demanda à monsieur Bidane à quand remontait sa dernière rencontre avec sa femme. Celui-ci lui répondit que c'était le matin du jour du crime et qu'il ne l'avait pas vue lorsqu'il était passé prendre sa valise à l'appartement. L'inspecteur se souvint alors que la maîtresse de monsieur Bidane apparaissait plus tôt que lui sur la vidéo. Celui-ci annonçant à l'inspecteur qu'il n'avait pas encore envisagé le divorce avec sa femme, tout parut clair aux yeux de monsieur Rotadu.
    Ainsi c'était la maîtresse de monsieur Bidane qui tua la femme de ce dernier qui n'avait pas encore l'intention formelle de la quitter.
    L'inspecteur se rendit ensuite, avec monsieur Bidane chez Laura Munoz qui, étrangement, comme si elle l'attendait, l'accueillit en lui disant: "Bienvenido à Santander, ... elle n'eut le temps de terminer sa phrase que monsieur Bidane lui tira une balle dans le coeur. 
 
 
Camille B.